Valbuena superbe but pour sa première sélection en ligue des champions
LIVERPOOL - MARSEILLE : 0-1
But : Valbuena
(77e)
Ah la magie de la Ligue des Champions... La beauté de ces matches européens,
l'atmosphère si particulière entourant chacune des affiches couchées en gras sur
le calendrier de la C1, sa constellation d'étoiles... c'était pour revivre ça
que la bande àDjibril Cissé s'était arrachée l'an passé pour valider son billet
pour ce qui reste la plus prestigieuse des compétitions interclubs. Et tant pis
si en championnat, la mayonnaise ne prend pas. L'OM aime la saveur de l'Europe,
un amour définitivement déclaré depuis une certaine année 1993 et une tête
puissante de Basile Boli. Autre temps, autre histoire... Mathieu Valbuena
n'était peut-être pas àl'époque encore supporter de Marseille et encore moins
pressenti pour en défendre les couleurs mais ce dernier a incontestablement
gagné le coeur des supporters olympiens en terrassant Liverpool d'une frappe de
génie, de celles qui marquent l'histoire d'une compétition... le passé d'un club
également.
Mais Valbuena n'a pas réussi l'exploit tout seul. Eric Gerets, battu la
saison passée àAnfield avec la formation turque de Galatasaray, avait décidé
d'opposer au bloc toujours aussi solide de Liverpool une formation certes
prudente mais pas dénuée d'envie. Aligné en 4-5-1, Marseille était venu ÃÂÂ
l'origine glaner le point du match nul. A l'arrivée, le contrat est largement
rempli, au-delàdes espérances olympiennes. Pourtant, et ce assez rapidement, le
camp phocéen a vite compris qu'il pouvait avoir mieux qu'un point arraché dans
la douleur face àl'armada rouge. Bien soutenu par un entrejeu hargneux
(Cheyrou, Cana) et un Karim Ziani bien plus inspiré dans l'axe que sur un côté,
Mamadou Niang, préféré àDjibril Cissé, a pu se déplacer sur toute la largeur du
terrain. Son activité, au fil des minutes, a fini par épuiser Jamie Carragher,
obligé souvent d'y aller du coude pour freiner la puissance du Sénégalais
(12e).
Le chef-d'oeuvre de Valbuena
Marseille a donc été entreprenant. Percutant, créatif sur certaines phases de
jeu, régalant le public marseillais, venu en nombre le soutenir. Ce dernier,
déjàbien chaud, manque d'exploser sur un but de Ziani, injustement sifflé pour
un hors-jeu imaginaire, Niang étant couvert par Carragher au départ de l'action
(31e)... A l'image de leurs protégés, les fans olympiens ne ménagent pas leur
peine pour prendre le meilleur sur leurs homologues anglais, glacés par le
non-match de leurs héros. Anfield semble devenir de plus en plus étroit pour des
Reds incapables de déséquilibrer la défense marseillaise. Pourtant, et comme
(trop) souvent en Ligue des Champions, un rien manque de faire basculer la
rencontre dans un autre sens. Une frappe au rebond capricieux de Gerrard (65e),
une main évidente de Givet consécutif àun tacle dans les pieds de Fernando
Torres (74e) se chargent de le rappeler...
Mais voilà. Marseille, et sans porter injure aux hommes d'Elie Baup, n'a rien
àvoir avec Toulouse, victime des ogres rouges en août dernier car pas assez
ambitieux dans le jeu. Tel un vieux briscard, l'OM profite d'une de ses
nombreuses remontées de balle pour frapper au coeur de la formation de "Rafa"
Benitez. Le temps s'arrête au-dessus d'Anfield, enfin débarrassé des trombes
d'eau qui se sont abattues en début de rencontre. Sissoko, passablement
en-dessous en seconde période, perd le ballon devant Cheyrou. Zenden et Valbuena
combinent alors aux vingt-cinq mètres. Le second, touché par la grâce et avec
l'aide de la transversale de Reina, adresse une merveille de frappe dans le but
des Reds (80e, 0-1).
Historique, monstrueux, tout simplement incroyable, comme la fin de la partie
d'ailleurs. Fernando Torres bute sur le poteau gauche de Mandanda (90e+1) avant
de voir Cissé, entré en jeu, enlever un peu trop sa frappe après avoir évité la
sortie désespérée de Reina (90+3). Dominateur et solide de bout en bout dans
cette partie, Marseille signe une victoire logique, maîtrisée, un succès (son
deuxième) qui lui conforte sa place de leader du groupe A. Pour la qualification
pour les 8es de finale, il faudra donc compter sur le groupe phocéen. Reste
plus, désormais, qu'àfaire aussi bien en championnat. Pourquoi pas dès samedi,
sur la pelouse de Geoffroy-Guichard...
LA DECLA : Mathieu Valbuena (Marseille)
"Je suis très très heureux ce soir. C'était ma première titularisation en
Ligue des champions, une compétition prestigieuse. Nous avons vécu un très grand
moment. Sur mon but, je fais un une-deux avec Bolo (Zenden), je me retourne et
j'enveloppe le ballon qui va dans la lucarne. J'ai pensé àma famille, aux
supporteurs, àJosé Anigo qui est venu me chercher et m'a fait confiance.
C'était une joie intense et immense. Collectivement, nous avons été très forts,
très disciplinés. Il fallait se racheter, on l'a fait."