FOOTBALL - MONDIAL 2006 / ÉQUIPE SUISSE
Les clés du quart
Si la Suisse bat l’Ukraine ce soir, elle atteindra les quarts de finale et égalerait la meilleure performance réalisée par une sélection suisse à ce niveau. Les chances sont réelles et le potentiel est là, même sans Senderos
Depuis ce matin, tout un peuple retient son souffle pour une équipe que ne manque pas d'airs Le paradoxe ventile des embruns d'impatience avant le Suisse - Ukraine de ce soir. Un simple match de football, oui, mais quel match! Dans cette sélection qui se découvre des ambitions qu'on ne lui prêtait plus depuis trop longtemps, le contraste est saisissant.
Hier, ou il y a quelques années encore, la perspective de se qualifier pour les huitièmes de finales aurait suffi au bonheur des joueurs. C'est exactement ce qui s'était passé à la World Cup américaine de 1994, dernière sortie mondiale de l'équipe nationale avant l'Allemagne 2006. Aujourd'hui? La Suisse affronte l'Ukraine avec tout le respect dû à l'adversaire, mais avec la certitude que le coup est parfaitement jouable. A tel point que les «espions» de Kuhn vont détailler l'Italie - Australie de demain, dont le vainqueur serait opposé aux Suisses en quart de finale. Reste d'abord à éliminer l'Ukraine. Il faut voir comment et pourquoi.
L'absence de Senderos. Le seul nuage qui obscurcit le ciel suisse est de taille. Depuis vendredi dernier, la sélection helvétique est privée de Philippe Senderos, le «sacrifié» d'Hanovre. Après ses trois points de suture consécutifs à son but, il s'est luxé l'épaule: Mondial terminé, un mois et demi de pause. L'équipe perd son leader naturel, même s'il n'avait que 21 ans. Mais la force de ce groupe, c'est de posséder dans ses rangs une solution de rechange immédiate: Johan Djourou, son ami d'Arsenal qui plus est. Imposant, brillant, calme: pas de raisons de trembler, Djourou est lui aussi de la graine de star!
Une équipe libérée. Conscients de leur potentiel, les joueurs se sont fixés un objectif minimal avant ce Mondial: la qualification pour les huitièmes de finale. Ils y sont! Mais la première euphorie passée, tous ont aussitôt lorgné plus loin. Vers ce quart de finale qui leur tend les bras. Cet état d'esprit nouveau est la marque d'un mental et d'un collectif très fort. Le contrat étant déjà rempli, c'est une Suisse plus libérée qui pourrait bien fouler la pelouse de Cologne ce soir. D'autant plus qu'elle est en progression constante depuis le début du tournoi.
Un buteur en forme. Le «goaleador» de l'équipe de Suisse respire la santé, transpire le danger. Alex Frei a prouvé contre le Togo (il marque le 1-0) et face à la Corée du Sud (il assure la victoire en inscrivant le deuxième but) que sa réputation de renard des surfaces n'est pas usurpée. «Si je mettais au fond toutes mes occasions, je jouerais au Real Madrid et pas à Rennes» plaisante l'homme aux 27 goals en 48 sélections. En attendant, si Frei parvenait à percer une défense ukrainienne amputée de ses deux défenseurs centraux - Rusol et Sviderskyi sont suspendus ce soir -, tous les grands clubs de la planète lui feront les yeux doux. Pourquoi pas les «Galactiques»?
Une défense au top. Zuberbühler est le seul portier du Mondial à avoir conserver sa cage inviolée durant le premier tour. «Ma fierté, c'est d'être qualifié en huitièmes de finale avec cette équipe, dit ‹Zubi›. Mais c'est vrai, c'est beau pour un gardien de n'avoir reçu aucun but jusqu'à présent dans ce genre de compétition.» Cet homme, mis sous pression avant même le coup d'envoi de la phase qualificative, a aussi été aidé par une défense de fer. Si les Müller, Djourou, Magnin et Philipp Degen poursuivent sur leur lancée et continuent à bénéficier d'un brin de chance, l'Ukraine n'y pourra rien. Et ce malgré la présence du redoutable Shevchenko dans le camps adverse.
La forme physique. Les Suisses n'ont eu que trois jours pour récupérer des efforts consentis contre les Coréens. C'est court. Mais ce n'est pas un élément qui inquiète le staff médical de l'équipe nationale. «En clubs, les joueurs sont habitués à ce rythme» relève Roland Grossen. Un médecin content d'avoir dressé un bilan médical court hier et qui n'a pas été victime d'une surcharge de travail depuis samedi. «Les principes de régénération sont les mêmes que d'habitude, poursuit-il. Nous devons rester attentifs à l'hydratation, à l'alimentation et au repos des joueurs.» C'est tout et c'est sûr: Vogel et Cie seront à 100% de leurs possibilités à Cologne. / DVI-FLO
De nos envoyés spéciaux à Cologne: Daniel Visentini et Frédéric Lovis source lexpress.ch