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jeudi 26 octobre 2006 à 19:04 :: Stade
Folle affluence de curieux
Plus de 25.000 entrées ont été comptabilisées hier
lors de l'ouverture du centre commercial de la Maladière. Des centaines
d'étudiants se sont rués dans les boutiques. Même pendant les heures de
cours!
A vos marques, prêts, dépensez! Il est 8h ÃÂ
l'entrée du centre commercial de la Maladière, àNeuchâtel: Céline,
étudiante àl'école d'infirmières, est une des premières clientes ÃÂ
avoir franchi les portes du nouveau temple de la consommation de 23.000
mètres carrés. «Je me suis levée une heure plus tôt que d'habitude,
exprès pour l'événement. J'étais derrière les grilles à7h50.»
Le budget de cette accro au shopping? «Illimité!», lance l'étudiante
de 19 ans, avant de couper court àla conversation pour se ruer vers sa
boutique préférée dont les stores viennent, «enfin!», de se lever.
8h15:
Mylène, 17 ans, devrait être àson cours de gymnastique. «La leçon
commence à8h05. J'aurai un peu de retard, mais j'avais envie de
visiter le centre, par curiosité», lâche cette lycéenne du
Denis-de-Rougemont, séduite par les lieux: «C'est hyperprestigieux!
C'est juste dommage que de nombreux magasins existent déjààNeuchâtel.»
A
deux pas de là, Jelena, 18 ans, est tout aussi émerveillée. «C'est
génial, j'ai les cours juste àcôté, au lycée Jean-Piaget. Je pourrai
faire les magasins pendant les pauses.»
Mais ce matin, pas
question pour la jeune fille de casser sa tirelire. Elle est en
repérage. «Je suis conquise. Cet endroit fait rêver. Il y a tout ici.
On n'aura même plus besoin d'aller au centre-ville!»
8h30:
Dominique et Claire-Lise profitent du calme qui règne encore - mais
plus pour longtemps - dans le complexe. «Nous sommes venues tôt afin
d'éviter la cohue des premiers jours, expliquent les deux femmes, tout
en admirant le piano-bar du rez-de-chaussée. Le complexe est très chic.
C'est une autre classe de centres commerciaux, proche de ce qu'on peut
voir dans les capitales.»
Grégory, étudiant en droit, scrute
l'architecture des lieux. «Je suis impressionné par la vitesse avec
laquelle tout cela a été conçu.»
8h50: Installée àl'une
des caisses du supermarché Coop, Claudine Duplain attend ses premiers
clients. Hier encore, elle était employée àla succursale des
Portes-Rouges, àNeuchâtel, qui a fermé définitivement dans la soirée.
Ce matin, elle a pris le chemin de la Maladière.
«Je suis un peu
nostalgique. Nous étions une belle équipe sur les hauts de la ville.
Ici, avec 140 employés Coop, ce sera un peu moins familial. Mais nous
sommes tous très motivés de commencer dans ce magnifique endroit. J'ai
même droit àune caisse toute neuve!»
9h15: Raphaël
Fischer, directeur du centre, conseille le staff d'étudiants qui ont
été engagés pour distribuer brochures, concours, roses ou autres
cadeaux aux nouveaux clients. «Je suis heureux d'arriver au jour J.
Cette dernière ligne droite était stressante. Il fallait redoubler
d'attention, penser àtout.» Des vagues successives de consommateurs
arrivent. Le bruit de fond monte d'un cran.
9h25: Des
étudiants, l'air heureux, sortent du supermarché. Ce matin, ils ont eu
droit àune surprise de taille: «J'ai pris 25 minutes pour venir
montrer àmes élèves un nouveau concept de centre commercial, explique
Raphaël Perotti, professeur d'économie au lycée Jean-Piaget. Sur le
plan marketing, l'exemple est intéressant. Tout y a été pensé pour
rendre les choses très agréables aux clients.»
Rideaux d'eau et
espaces de repos, salles àlanger pour parents et bébés, concours,
écrans plats avec news qui défilent en permanence, ambiance féerique.
Autant dire que les jeunes ont apprécié leur cours extra muros. «C'est
l'occasion d'établir des liens entre la théorie et la pratique: soit 25
minutes bien investies.»
12h10: Des hordes de clients
cherchent un endroit où s'installer pour manger. Les deux restaurants
du complexe sont bondés. Dans les allées et sur les escalators, la
foule se fait de plus en plus dense.
15h30: Des dizaines
de jeunes filles tentent de s'approcher de Miguel San Juan, alias le
vrai Mister Suisse, invité àsigner des autographes dans une boutique
de vêtements du centre commercial. «Il a de ces beaux yeux, regarde!»,
lance une jeune fille, des cabas plein les bras. «Oh, mon Dieu»,
s'exclame sa copine, littéralement sous le charme.
18h30: La
journée touche àsa fin pour les 410 employés du supermarché. A
l'entrée du centre, des centaines de mégots de cigarettes jonchent le
sol, n'ayant pas trouvé de cendrier où terminer leur course.
Dans le calme retrouvé du quartier, ils sont l'unique preuve qu'une tornade de 25.000 consommateurs est passée par là.