La défaite du Brésil laisse un goût amer à ses fans. 8 ans auparavant, cette même France avait étrillé le Brésil en finale, lui infligeant une cinglante défaite (3-0) le 12 juillet 1998.

    Depuis samedi dernier, c’est le calme à Port-au-Prince et les autres villes d’Haïti, toujours surchauffées lors du déroulement des phases finales de football de grande envergure.

    « La coupe du monde n’est plus, c’est fini pour nous », peut-on entendre sur les lèvres des admiratrices et admirateurs passionnés de l’Argentine et du Brésil, les deux équipes écartées toutes deux au même stade de la compétition.

    Ne pouvant pas encore digérer les éliminations en série, certains amants de l’Argentine et du Brésil jettent la responsabilité sur les entraîneurs respectifs, Jose Pekerman et Carlos Alberto Pareira, en ce qui concerne les changements et choix des joueurs titulaires.

    Peckerman est décrié pour avoir voulu fermer le match alors que les Albicelestes faisaient le jeu sur le terrain de Berlin, qui sera le théâtre de la finale de la 18 e édition de la coupe du monde le 9 juillet 2006.

    « L’Argentine est éliminée en petite équipe », a signalé un commentateur haïtien de football sur une chaîne de télévision locale.

    Pareira est critiqué pour son amour « démesuré » de la vieillesse au détriment de la jeunesse au sein de la formation brésilienne, la seleçao.

    « Il était clair que Moraes Cafu et Roberto Carlos n’étaient pas à la hauteur du match, pourquoi les ont-ils laissés sur le terrain ? », s’est interrogé un fan du Brésil.

    Déjà , dans les milieux sportifs, on parle de coupe d’Europe et non de coupe du monde, vu que ce sont exclusivement 4 équipes européennes (Allemagne, Italie, Portugal et France) qui se retrouvent en demi-finales, dans le dernier carré de la compétition internationale. Il faut remonter à l’édition de 1982 pour trouver un scénario pareil, quand l’Allemagne, l’Italie, la France et la Pologne avaient déjoué les pronostics.

    En attendant des informations pertinentes sur les gains générés par les médias électroniques, les principaux gagnants de la 18 e édition de la Coupe du Monde de football en Haïti semblent avoir été les sponsors, commanditaires et autres entreprises qui ont profité de la passion du football pour vanter les mérites de leurs différents produits sur le marché national.

    Pendant la période du mondial 2006, qui a débuté le 9 juin dernier, d’aucuns ont regretté, comme pendant les saisons annuelles de carnaval, une programmation des médias spécialement dédiée à la retransmission des matches de football, au détriment d’autres contenus pour celles et ceux qui n’aiment pas le ballon rond.

    De même, des points éthiques sont aussi soulevés et relevés, notamment du côté de certaines chroniqueuses et de certains chroniqueurs qui, en plus de se vêtir de maillots carrément publicitaires, insèrent, avec leurs propres voix, pendant la retransmission des matches, des messages-annonces pour les commanditaires de leurs médias.

    A l’exception des examens officiels d’Etat 2006 (6e et 9 e années fondamentales, rhéto et philo) des activités, comme la tenue des élections complémentaires, n’auraient pas été planifiées pour la période de la 18 e coupe du monde de football, du 9 juin au 9 juillet.

    Pendant que l’investiture des 18 membres du nouveau cabinet ministériel a eu lieu, environ une heure avant le coup d’envoi officiel de la compétition internationale en Allemagne, les travaux du nouveau Parlement et la marche régulière de l’administration publique et privée paraissent avoir été affectés depuis l’ouverture de la compétition internationale de football le 9 juin dernier.

    Quoi qu’il en soit, de nombreux observateurs suggèrent aux ressortissants haïtiens de tirer des enseignements de leur passion, parfois démesurée, pour le football international, tandis que le football national demeure branlant, sans aucune structure véritable de gestion ni de développement du sport-roi.

    Parallèlement, les Haïtiennes et Haïtiens devraient cesser de vivre à la remorque des autres pays, en se concentrant davantage sur les réalités nationales à transformer, dont la promotion conséquente de toutes les disciplines sportives y compris le football, sur des bases saines et transparentes. [lf rc apr 04/07/2006 13:00]