Zinédine Zidane a trouvé un théâtre à la hauteur de son talent
Par Football champions fans, jeudi 6 juillet 2006 à 09:37 :: France :: #731 :: rss
Ils connaissaient le chemin
6 juillet 2006
par FIFAworldcup.com
LE FILM DE LA JOURNEE : Ça y est, Zinédine Zidane a trouvé un théâtre à la hauteur de son talent pour faire ses adieux au ballon rond. Ce sera l'Olympiastadion de Berlin, lors d'une finale où la France aura l'occasion d'accrocher deux titres mondiaux à son palmarès sur ses trois dernières participations à l'épreuve reine. Si samedi, les Portugais se sont qualifiés pour le dernier carré depuis les onze mètres, ce soir, c'est un penalty de Zidane qui a causé leur perte dans cette demi-finale très fermée.
Conséquence directe de ce résultat : Luiz Felipe Scolari ne conservera pas son titre mondial en tant que sélectionneur. Après une impressionnante série de 12 victoires consécutives – sept avec le Brésil en 2002 et cinq avec le Portugal cette année – Felipão connaît pour la première fois de sa carrière le goût amer de la défaite dans ces hautes sphères.
De Munich, l'équipe de France va prendre la direction du nord pour rallier Berlin, où elle disputera dimanche la finale contre l'Italie. Cette finale, elle rappelle bien sûr celle de l'EURO 2000, décidée sur un but en or de David Trezeguet… et pour laquelle les Bleus s'étaient qualifiés grâce à un penalty de Zidane contre le Portugal en demi-finale. Tiens tiens…
L'instant du jour
Zinédine Zidane et Luis Figo en seigneurs
En résumant une demi-finale à un duel entre deux hommes, on se risque à manquer de respect envers toutes les stars à l'œuvre. Et pourtant, ce face-à-face Zidane - Figo a mis tout le monde d'accord : c'étaient bien deux légendes du football mondial qui s'affrontaient au crépuscule de leur carrière internationale. Le perdant verrait son aventure s'arrêter là, avec, certes, un match pour la troisième place en forme de jubilé mondialiste.
Le contexte était encore plus radical pour Zidane. En cas de défaite, il quitterait définitivement, trois jours plus tard, un sport qu'il a survolé pendant de nombreuses années. Inutile de dire qu'il préférait reporter sa retraite au jour suivant. Avant d'en découdre, ces deux seigneurs, anciens coéquipiers au Real Madrid, ont bien sûr sacrifié au rituel de la poignée de main, auquel ils ont ajouté, avec peut-être plus d'émotion que d'ordinaire, une virile accolade et une tape amicale sur la joue. Les mots étaient alors superflus. De toute façon, les deux hommes sont plutôt du genre taiseux.
Très vite, le décor a été planté, préfigurant un match de niveau technique relevé. Côté français, Zidane a donné quelques coups de patte magiques dont il a le secret, alors que Frank Ribéry a fait admirer ses qualités balle au pied et sa pointe de vitesse. Côté lusitanien, le ballon circulait avec fluidité, grâce à des passes au cordeau et un jeu à une touche de balle.
Pourtant, les hommes de Scolari se sont retrouvés en danger dès la première minute. Sur une longue ouverture de William Gallas, Florent Malouda a surpris une défense ibérique à moitié assoupie et s'est offert l'occasion d'inscrire l'un des buts les plus rapides de l'histoire de la compétition. Mais le Lyonnais n'apparaîtra pas dans les annales, au moins pour cette fois, la faute à une frappe trop croisée.
Bien reposé car suspendu lors du match contre l'Angleterre, Deco a riposté par une frappe rasante qui a obligé Fabien Barthez à s'étendre de tout son long. Puis le Portugal a tremblé en voyant Figo se tordre de douleur suite à un choc avec Patrick Vieira, qui essayait de contrer son tir – du reste cadré. Evacué du terrain sur civière, l'Intériste a toutefois pu reprendre du service, au grand soulagement des supporters grenats.
Les deux équipes ont évolué ce soir avec une seule pointe, Pauleta dans un camp, Thierry Henry dans l'autre. Ah l'attaquant seul en pointe… Qu'il doit être patient ce joueur esseulé, qui, ravalant sa frustration, doit multiplier courses et appels, souvent en pure perte. Ce soir, Henry a au moins été récompensé de son labeur puisqu'il a été à l'origine du but de la France.
Pour tout défenseur, il est toujours risqué d'essayer de déposséder un attaquant du cuir dans la surface de réparation. Arrière de métier, Ricardo Carvalho a vraiment joué le ballon sur le coup, mais il a aussi déséquilibré Henry, ne laissant d'autre choix à M. Jorge Larrionda que de siffler un penalty.
Le but du jour
Le sang-froid de Zidane
En arrêtant trois tirs au but anglais en quarts de finale, Ricardo avait établi le nouveau record de la compétition dans cet exercice. Après la rencontre, le gardien du Sporting du Portugal disait avoir lu dans les yeux de ses adversaires comme dans des livres ouverts. Sûrement n'a-t-il rien lu du tout dans le regard glacial de Zidane. Après deux petits pas de retrait, le maître à jouer français a logé le cuir au ras de son poteau droit, complètement hors de portée.
L'homme du jour
Lilian Thuram taille patron
Il s'agissait là du deuxième but encaissé par le Portugal dans la compétition, le cinquième sur les 18 dernières sorties de la Selecção. Autant dire que l'arrière-garde lusitanienne n'est pas du genre à laisser de la marge de manœuvre aux attaquants adverses. Mais ce n'est pas non plus le style de la maison bleue. Après l'improbable but égalisateur de la République de Corée, Fabien Barthez n'est allé chercher le ballon derrière lui qu'une seule fois, sur un penalty de l'Espagnol David Villa. Depuis, RAS. Ni le Brésil, ni le Portugal, deux formations farcies de poisons offensifs, n'ont réussi à prendre en défaut une défense commandée avec poigne par l'impeccable Thuram.
Il y a une quinzaine de jours, les Bleus étaient au bord du précipice. Leur entame avait été tellement laborieuse qu'ils étaient tenus de s'imposer contre le Togo pour assurer leur survie dans la compétition. Aujourd'hui, huit ans après son premier titre mondial et quatre après la débâcle asiatique (28ème sur 32 équipes !), l'équipe de France se retrouve de nouveau à une encablure de l'Everest footballistique. Le Portugal, lui, pourra se consoler en se disant qu'il a réalisé une belle campagne. Et qu'il pourra toujours accrocher la troisième place contre l'Allemagne.







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