Evolution de la tactique en football
Par Football champions fans crédit, jeudi 22 juin 2006 à 13:55 :: Règlement règles du jeu :: #507 :: rss
Evolution tactique
« Au début, le football se jouait à 10 devant, aujourd'hui, il se joue 10 derrière ». On pense généralement que cette phrase fut écrite il y a peu, mais elle date en fait des années 1950 ! Ainsi, il conviendra ici de tordre le cou à certains clichés.
La première révolution tactique fut de passer du « dribbling » au « passing » entre 1860 et 1880. Avant cette date, le jeu consistait surtout à dribbler en solitaire les adversaires qui se présentaient, tandis qu'ensuite on découvre qu'une passe bien pensée peut mettre en difficulté toute une défense. Devant cette révolution, le législateur répliqua par la règle du hors-jeu qui empêchait les avants-centres de camper devant le but adverse. Avant les années 1920, il fallait non pas deux (un défenseur et le gardien, par exemple) mais trois joueurs entre la ligne de but et le joueur qui recevait une passe. L'avant-centre devait alors avoir encore de solides qualités de dribbles afin de conclure une action. Cette période fut l'âge d'or des « numéro 9 ».
WMAprès la réforme du hors-jeu des années 1920 (2 et plus 3 joueurs pour le hors jeu), les données du problème changent, et Herbert Chapman met au point une tactique révolutionnaire, dite en « WM » qui lui permet de collectionner les trophées à Portsmouth puis à Arsenal. L'AS Cannes fut l'un des premiers clubs français à adopter cette tactique dès 1931. Le WM régna en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des anglais à domicile face aux hongrois. Ces derniers appliquaient en effet une tactique en 4-2-4 qui transperça le vieux WM anglais. Les brésiliens adaptèrent cette formule du 4-2-4 en 4-3-3 dès les années 1960, et ce positionnement reste majoritaire jusqu'aux années 1970.
En parallèle de cette histoire des tactiques offensives, il existe également une école défensive. Le « Verrou suisse » mis en place dès les années 1930 est le modèle de tous les bétons (français) et autres Catenaccio (italiens) qui prennent le relais après la Seconde Guerre mondiale. En France, les formations qui appliquent quasi religieusement ces stratégies sont Lyon, Strasbourg et surtout Bordeaux, « la forteresse imprenable ».
La montée en puissance de milieux de terrain créatifs à la manière de Cruyff, Platini et autres Maradona exigea une nouvelle adaptation défensive, mais dans ce domaine, tout, ou presque, avait déjà été essayé. De fait, les tacticiens ne trouvèrent jamais vraiment de parade pour maîtriser de tels joueurs, ce qui apparaît assez rassurant.
Depuis les années 1980, pourtant, la tendance est nettement à la défensive, et le vieux débat qui opposa longtemps les tenants du jeu ouvert (Nantes ou Reims, par exemple) à ceux du réalisme défensif (Bordeaux ou Lyon, notamment) est mort. Le jeu à la nantaise n'est plus qu'une chimère, tandis que Bordeaux et autres OL ne pratiquent plus le jeu fermé de leurs aïeux. On note en fait un certain nivellement tactique, principalement en raison du développement d'une nouvelle arme terriblement efficace en tactique : les images vidéo.
Longtemps patrie de la tactique, l'Italie abandonne depuis peu ces anciennes marottes, et l'on note depuis quelques saisons déjà un net relâchement dans ce domaine. En Angleterre, la culture tactique n'a jamais vraiment été de mise, et il faudra attendre les années 1960 pour voir les Anglais abandonner définitivement le vieux WM. Aujourd'hui, de nombreux clubs professionnels anglais n'ont toujours pas de séances tactiques au programme de leur préparation d'avant-match…



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